Massacres policiers
Le Canada entraîne des escadrons de la mort policiers en Haïti

Des manifestants pacifiques et non armés abattus par la policie haïtienne au cours d'une manifestation demandant le retour du gouvernement élu le 27 avril 2005.
Après le renversement du gouvernement démocratiquement élu, les paramilitaires sont entrés dans Port-au-Prince et ont massacré des milliers de paysans pauvres et d'habitants de bidonvilles selon une "logique de persécution dirigée contre ceux qui étaient proches, ou sont considérés comme ayant été proches, de l'ancien régime de Fanmi Lavalas", d'après le rapport d'une délégation d'Amnistie Internationale qui s'est rendue dans le pays entre le 25 mars et le 8 avril 2004.
Dans le mois qui a suivi le coup d'état, la morgue de Port-au-Prince rapportait 900 morts de plus qu'habituellement, tandis que l'organisation catholique Justice et Paix estimait que 500 personnes avaient été tuées dans la capitale.
Après la période ayant suivi immédiatement le coup d'état, la Police Nationale Haïtienne (PNH), réorganisée et entraînée par la GRC, a continué la vague d'assassinats commencée par les hommes de Guy Philippe. Un rapport récent de l'International Crisis Group note que la PNH "a repris les anciennes pratiques des FAd'H, y compris des opérations de style militaire dans les quartiers pauvres de la capitale avec peu d'attention portée aux dommages collatéraux infligés aux civils." Sous le regard de la police canadienne, 500 ex-soldats ont été intégrés dans la PNH, les hauts rangs de la PNH étant presque exclusivement occupés par des anciens officiers des FAd'H; et entre 500 et 1000 ex-militaires sont en train d'être incorporés.
Les "raids anti-gangs" brutaux ou "collectes d'armes" de la PNH produisent en général plus de cadavres que d'armes. Le 15 octobre 2004, l'Hôpital Général a dû appeler le Ministère de la Santé afin qu'il envoie des véhicules d'urgences pour récupérer plus de 600 corps qui s'étaient accumulés au cours des 2 semaines précédentes, au cours desquelle les bidonvilles pro-Lavalas avaient été l'objet d'incursions répétées de la PNH.
En plus des assassinats indiscriminés dans les quartiers pauvres, la PNH a souvent ouvert le feu sur des manifestations, tuant des dizaines de manifestants pacifiques et non armés.
Malgré le rôle clé du Canada dans l'entraînement et la supervision de la police, les officiels gouvernementaux ont rejeté toute responsabilité dans ces violences. Le ministre des affaires étrangères Pierre Pettigrew est allé jusqu'à qualifier de "propagande" des rapports mentionnant que la police haïtienne avait tiré sur des manifestants non armés, ajoutant qu'il était "très fier de la contribution de la police Canadienne".
De nombreux rapports de l'Associated Press et de Reuters contredisent le rejet désinvolte de Pettigrew. Les titres suivants (parmi beaucoup d'autres) ne sont pas apparus dans les journaux canadiens:

L'activiste Yves Engler présente à Pierre Pettigrew le rapport Griffin, mené par l'université de Miami, qui conclut que la police entraînée par le canada assassine des civils, avec la complicité des forces canadiennes. Le rapport cite un commandant de police canadien disant que tout ce qu'il a fait depuis qu'il est arrivé en Haïti est "de s'engager dans une guérilla quotidienne". Pettigrew a rejeté le rapport comme étant de la "propagande".
Associated Press, 27 avril 2005: "Mercredi, la police a tiré sur des manifestants demandant la libération de détenus loyaux au président déchu, tuant au moins 5 manifestants, ont rapporté des officiels de l'ONU et d'autres témoins."
Associated Press, 24 mars 2005: "Jeudi, la police a ouvert le feu durant une marche dans la capitale d'Haïti pour demander le retour du président décu Jean-Bertrand Aristide. Des témoins rapportent qu'au moins une personne a été tuée"
Miami Herald, 1er mars 2005: "La police haïtienne a ouvert le feu sur une manifestation pacifique lundi, en tuant deux et en blessant d'autres, éparpillant une foule de 2000 personnes marchant à travers la capitale pour marquer le premier anniversaire de l'éviction du Président Jean-Bertrand Aristide."
Seule une dépêche a été publiée dans le fil de presse de la CBC, mais fortement modifiée.