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Le coup d’État

Que s’est-il passé le 29 février 2004 ?


Un hélicoptère canadien survolant le palais présidentiel à Port-au-Prince après l’éviction d’Aristide.


Les forces canadiennes se préparent à une patrouille à pied à Port-au-Prince.

Alors que des forces paramilitaires contrôlaient la majeure partie d’Haïti suite à un mois de batailles, les forces militaires États-uniennes et canadiennes sont atterries à Port-au-Prince, la capitale de la nation.

Tandis que la Deuxième Force opérationnelle interarmées (FOI2) du Canada prenait le contrôle de l'aéroport et que 550 militaires canadiens étaient déployés dans Port-au-Prince, le diplomate états-unien Luis Moreno et plusieurs Marines armés arrivaient au palais présidentiel avec un ultimatum pour Jean-Bertrand Aristide, le président élu d'Haïti. Selon Aristide, Moreno lui a dit que s'il ne partait pas, des milliers d'Haïtiens mourraient et qu'il serait probablement tué par des rebelles. Aristide a alors signé une lettre disant qu'il s'en allait dans l'espoir d'éviter un bain de sang, mais la lettre ne représentait pas explicitement une démission, et de toutes façons, a été signée sous la menace. Aristide a alors été accompagné à l'aéroport et emmené en République de Centrafrique où il a été détenu dans une base militaire française jusqu'à ce qu'il lui soit possible de contacter la députée états-unienne Maxine Waters -grâce à un téléphone cellulaire qu'on lui avait remis clandestinement- afin qu'elle l'aide à prévenir le monde de sa situation.

Mais la préparation du coup avait été effectuée à Ottawa.

A la suite de la victoire écrasante d'Aristide et de son parti Fanmi Lavalas durant les élections de 2000, le Canada (ainsi que les USA et l'UE sur l'ordre de la France), les avait déclarées irrégulières sur la base d'une technicité et coupa une aide de 500 millions de dollars au gouvernement tout en subventionnant des ONG anti-Aristide.

Dans le même temps, des bandes d'anciens soldats et d'escadrons de la mort (desquels on a découvert par la suite qu'ils avaient été financés et organisés par la CIA durant le régime militaire de 91-94) lançaient des attaques fréquentes et même des tentatives de coup d'état depuis leur base en République Dominicaine.


Un soldat canadien monte la garde à l’aéroport Toussaint-Louverture à Port-au-Prince.

Puis, en janvier 2003, le Canada accueillit l'"Initiative d'Ottawa", un rassemblement de tous les "joueur principaux" en Haïti, qui ne comprenait pas de représentants du gouvernement démocratiquement élu, et qui a atteint le consensus qu'"Aristide doit partir".

Tandis que les tensions politiques entre l'opposition financée par l'étranger et les partisans de Lavalas éclataient début 2004, l'ancien chef de la police Guy Philippe menait l'invasion par des forces paramilitaires (probablement armées par les USA) depuis la République Dominicaine, trompeusement appelée une "rébellion" ou même un "soulèvement populaire" dans les médias canadiens. Les paramilitaires se rendirent rapidement maîtres des principales villes et encerclèrent Port-au-Prince avant que les Marines et le FOI2 ne terminent le coup d'état/enlèvement.

Tandis que la France, le Canada, et plusieurs nations européennes soutiennent le gouvernement de facto nommé par des officiels états-uniens, plusieurs autres ne le reconnaissent pas comme légitime.

La Communauté Caribéenne, l'Union Africaine et le Vénézuela ont tous refusé de reconnaître le gouvernement installé, le Congrès National Africain (ANC, parti de Nelson Mandela) d'Afrique du Sud a commencé une campagne pour le retour de la démocratie en Haïti.

Le gouvernement canadien s'est donné beaucoup de mal pour légitimer le régime installé de Gérard Latortue. Paul Martin et le ministre des Affaires étrangères Pierre Pettigrew ont tout deux fait des visites officielles à Haïti depuis le coup et Martin s'est montré avec Latortue à une conférence pour la Diaspora haïtienne à Montréal.

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